Revival Rock

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• Critique de « The King Of Lamb » de Radiohead •

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MessageSujet: • Critique de « The King Of Lamb » de Radiohead • Sam 16 Avr - 14:00







Critique de « The King Of Lamb » de Radiohead.
Thom Yorke, Jonny et Colin Greenwood, Phil Selway et Ed O'Brian, alias Radiohead, forment ce que beaucoup considèrent comme le groupe rock le plus important au monde. Qu'on partage ou pas cet avis, on peut reconnaître que Radiohead n'a cessé d'évoluer dans diverses optiques musicales, chose rare chez un gros vendeur de disques. Chaque nouvel album de Radiohead suscite généralement d'immenses attentes, pour un groupe dont la réputation a depuis bien longtemps dépassé ses espérances. Aujourd'hui, cette position particulière a tendance à jouer en leur défaveur, au point de provoquer une avalanche de reproches s'ils ont eu le malheur de ne pas révolutionner le genre, quand ce n'est pas pour débattre une énième fois du mode de distribution. The King Of Limbs n'échappe pas à la règle. C’est avec du retard face à sa sortie que je vais me mettre à parler plus amplement de cette nouvelle galette !

Il est vrai que la première écoute se révèle particulièrement déroutante, davantage encore que Kid A ou Amnesiac : une ambiance plutôt minimaliste et des mélodies quasi-inexistantes pour un album que l'on pourrait presque qualifier d'expérimental. L'écart est d'autant plus surprenant puisqu'avec In Rainbows, Radiohead avait réalisé un album pop relativement accessible qui ne laissait absolument pas augurer du nouveau virage musical pris avec ce 8e album.

« Bloom », le magnifique titre d'ouverture, donne le ton avec ses boucles entremêlées et la voix lascive de Thom Yorke, qui nous plonge immédiatement dans l'ambiance nébuleuse et si particulière de cet album. On y retrouve un condensé des principales caractéristiques du disque : un enchevêtrement de couches sonores, dominées par un rythme dicté de concert par le couple batterie/basse (jamais aussi présent chez Radiohead), ainsi qu'un retour en force des sonorités électro.

« Morning Mr Magpie » évolue dans un registre légèrement différent, avec la discrète intégration des guitares pour un résultat finalement très organique, qui a tendance à davantage privilégier la section rythmique au détriment de la mélodie et des émotions "immédiates". En cela, ce titre est probablement l'un des plus difficiles à appréhender, tout comme « Feral », qui marque le sommet de cette démarche poussée à l'extrême. Les fragments de voix y sont mixés aux différentes expérimentations électro et à une basse plus présente que jamais. L'ensemble n'est pas sans rappeler « Pulk/Pull Revolving Doors ». Un choix d'autant plus déroutant sur un album qui ne compte que 8 morceaux au total.

La seconde partie de l'album, bien qu'en parfaite cohérence avec la première, se révèle plus accessible. « Lotus Flower » s'impose naturellement comme le seul single évident, avec sa ligne de basse entraînante et sa mélodie (plus) facilement mémorisable.
L'enchaînement avec « Codex », sombre et introspective, nous plonge à nouveau dans les limbes d'un univers aux contours flous et incertains. Les paroles de Thom Yorke nous invitent malgré tout à faire le grand saut dans ce morceau au piano d'une parfaite maîtrise, comme pour mieux nous entraîner au plus profond des abîmes... Et lorsque l'on retrouve un semblant de repères, c'est avec la très automnale « Give Up The Ghost », chanson tout en retenue, qui procure un certain apaisement teinté d'espérance.
Un sentiment qui se confirme avec le très épuré « Separator » et ses guitares réverbérées qui offre une fin ouverte et positive, fait peu répandu, voir inédit dans la discographie du groupe.

Une fois l'écoute terminée, les 38 minutes de The King Of Limbs sont loin d'être ridicules, surtout si l'on tient compte de la densité des arrangements, malgré une apparente simplicité au premier abord. Car contrairement à In Rainbows, il s'agit d'un album très introspectif : les compositions ne semblent pas avoir été pensées pour nous donner des frissons ou nous arracher une larme, mais plutôt pour nous immerger dans une ambiance particulière et sophistiquée. En cela, The King Of Limbs requiert une certaine capacité d'écoute et beaucoup d'attention pour en apprécier toute la subtilité.

Une nouvelle fois, Radiohead prouve sa capacité à se détacher des attentes de son auditoire pour créer au gré de ses envies sans se préoccuper de l'ordre établi. Une démarche à laquelle chacun est libre d'adhérer ou non mais qui est tout à leur honneur, pour un groupe auquel on peut difficilement reprocher de jouer la carte du consensuel.
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